LAZARE, SORS !
Pendant le Carême, pour nous préparer à célébrer Pâques, nous avons entendu l’Évangile de la résurrection de Lazare. Peut-être nous faut-il repartir de ce lieu. Au fond d’une grotte, bien noire, un mort gît engoncé dans les multiples bandelettes mortuaires, un mort qui
n’attend plus rien. Lazare est mort.
Mais au fond de cette grotte, sans qu’il n’ait rien pu demander, sans qu’il n’ait rien pu espérer, le mort se met à entendre. Un son résonne à ses oreilles pourtant fermées. Lazare !
Au plus profond de sa mort, le gisant entend son nom. Lazare ! Le voilà nommé, le voilà reconnu. Voilà que la mort n’a pas eu le dernier mot et n’a pas pu le faire disparaître : quelqu’un l’aime par-delà la mort, quelqu’un l’appelle jusque dans son tombeau, quelqu’un l’appelle à la vie : Lazare, sors !
Le mort reçoit un commandement nouveau, un commandement impossible et pourtant il obéit : il est appelé à la vie. Tout mort qu’il est, il n’y a que l’Esprit Saint qui peut pour lui et en lui obéir. Il se réveille, il se lève, il marche et passe dans la lumière : la pierre est roulée, il est en plein jour, rendu à ses sœurs et à ses proches, devant le Seigneur.
Déliez-le ! Lazare voit son cœur se ranimer et la Parole de Dieu l’emplir en nouveauté de vie : Les liens de la mort m’avaient enserré, et les torrents de la destruction m’avaient épouvanté ; les liens du séjour des morts m’avaient entouré, les filets de la mort étaient devant moi, dans ma détresse, j’invoque l’Éternel, je crie à mon Dieu ; de son palais, il entend ma voix, et mon cri vers lui parvient à ses oreilles. (Psaume 18, 5-7). Celui qui ne pouvait plus crier à l’aide a néanmoins été entendu, celui qui était perdu a été secouru, celui qui était abattu a été relevé.
Et merveille des merveilles, les mots qui se posent sur sa vie sont ceux qui furent d’abord posés sur Jésus, que la charité conduisît à partager le tombeau des hommes : Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. Tu
me feras connaître le sentier de la vie ; il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite. (Psaume 16, 10-11) La mort et la vie de Jésus et de Lazare, comme les nôtres, sont désormais liées par la même Parole de vie : Il est vraiment ressuscité ! Il nous a vraiment ressuscité !
Il ne nous reste plus qu’à entonner un chant pour publier la Bonne Nouvelle, pour dire la Victoire de la Vie sur la Mort, pour célébrer le Dieu vivant ! Et par ce chant, nous allons parler à des morts pour les appeler à la vie, poursuivre l’œuvre du Maître et introduire la joie et le triomphe dans le monde : Réveillez-vous chacun fidèle ! oui, sa louange est séante et belle !
Pasteur Timothée Gestin